Après avoir obtenu l’agrément de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) en juillet 2019, Orange et NSIA annoncent enfin le lancement de la banque 100% digitale « Orange Bank Africa » en Côte d’Ivoire. Après le succès d’Orange Money lancé en 2008, le groupe Orange cherche à renforcer l’inclusion financière sur un continent avec un faible taux de bancarisation. Cette banque sera disponible dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et va proposer aux clients une offre de crédit et d’épargne accessible facilement grâce au canal Orange Money (dont beaucoup disposent déjà). La bancarisation sera bénéfique à l’inclusion financière de la population ivoirienne. Avec la crise sanitaire COVID-19, la digitalisation des entreprises n’est plus une stratégie d’avenir, mais bien du présent. L’entreprise Julaya, une plateforme digitale de paiement groupé vers tous les réseaux mobiles money, bancaires et autres wallets, a ainsi pu accélérer la digitalisation de certaines entreprises ivoiriennes qui, à cause de la crise sanitaire, n’avaient plus les moyens de payer leurs salariés en espèces. De cette façon, cette solution a permis à de nombreuses entreprises de payer leurs employés sans quitter leurs bureaux qui se trouvaient dans les villes. Cette crise sanitaire a ainsi révélé le manque de digitalisation et d’organisation de certaines entreprises et au cœur de ce problème, le taux de bancarisation en Côte d’Ivoire.

Les conditions pour ouvrir un compte bancaire en Côte d’Ivoire

Ouvrir un compte bancaire en Côte d’Ivoire est relativement simple, mais nécessite cependant certains documents : carte de résidence, certificat de résidence, photos d’identité… Les documents assez communs en somme. À cela s’ajoutent les dernières fiches de paie, voire un contrat à durée indéterminée (CDI) ainsi qu'une certaine somme en premier versement et là tout devient compliqué. Pour un pays qui compte seulement 21.6% de personnes bancarisées pour l’année 2018 et avec un secteur informel qui représenterait entre 30 et 40% du PIB en Côte d’Ivoire, l’ouverture d’un compte bancaire est presque impossible pour une grande partie de la population ivoirienne.

Mais pourquoi aussi peu de bancarisés ?

Comme dans la plupart des pays en voie de développement, le secteur informel trouve une grande place dans l’économie ivoirienne et échappe complètement aux régulations fiscales. Ses travailleurs, majoritairement constitués de personnels de service ou vendeurs, sont une source de main d’œuvre bon marché payé en dessous du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti). Ses structures fonctionnent comme des structures formelles, cependant, elles ne possèdent ni numéro fiscal, ni comptabilité écrite.

Mais voilà, l’approche s’avère plus compliquée que cela. En Côte d’Ivoire, certaines entreprises formalisées travaillent avec des acteurs aussi bien formels qu’informels. Cet environnement donne lieu à des situations où lorsqu’une entreprise a besoin de formaliser une transaction sous format écrit, elle aura recours à la formalisation pour des questions de garantie juridique en cas de litige. Les acteurs informels sont embauchés dans des activités à faible productivité ou des compétences faibles. On fait donc face à une formalité choisie et acceptée seulement lorsqu’il y a des raisons pratiques, car l’environnement est peu propice à la confiance. La digitalisation permet ainsi de réduire l’économie informelle en laissant une trace des échanges monétaires, on peut prendre comme exemple le développement du mobile banking comme « Yup » de Société Générale, wallet Mobile Money 100% digital lancé en 2017.

Les alternatives

On retrouve les services de microfinance (IMF) pour améliorer l’accès au crédit et à l’épargne pour les personnes exclues des services bancaires traditionnels formels. Advans est l’une d’entre elles et participe à l’essor économique du pays en permettant le crédit à des activités existantes dans le besoin. Cette aide à la bancarisation des particuliers et des TPE permet l’inclusion financière dans un environnement où le crédit formel, selon la World Bank, n'a été octroyé qu’à 1% de la population en 2017.

Mais également Orange Bank Africa (OBA) qui souhaite rendre les services bancaires accessibles au plus grand nombre, quel que soit leur niveau de revenu ou leur lieu d’habitation. Les clients pourront ainsi bénéficier de l’épargne et emprunt « Tik Tak » à partir de 5000FCFA depuis leur mobile instantanément.

L’environnement ivoirien est tel que ses micros prêts sont une aide précieuse pour la population, car ils permettent de financer des projets ou les aider face à une urgence. Avant, ces personnes se tournaient vers les « margouillats » (usuriers) où le taux d’intérêt oscillait généralement vers les 25% voire 100% par mois. Mais y’aurait-il des abus ? D'après Orange non car il se permettra de bloquer les opérations d’envoi ou de retrait d’argent lorsque le débiteur ne rembourse pas le prêt, de procéder au remboursement à partir des avoirs sur le compte Orange Money et de mettre le débiteur sur une blacklist qui rassemble les autres opérateurs.

On retrouve aussi la Société Générale qui détient 19% de part de marché des banques en Côte d’Ivoire et son wallet 100% digitale nommé « Yup », le porte-monnaie électronique pour les non-bancarisés. Lancé plus tôt qu’OBA, la société générale a pour vocation de développer son offre mobile money et ainsi participer à l’inclusion financière comme ses concurrents, Ecobank ou BMCE. Ce service permet de déposer et stocker de l’argent et de pouvoir effectuer des transactions, mais ne permet pas encore d’avoir une épargne rémunérée, ni d’avoir accès à un crédit.

Une autre solution, mais pour les entreprises qui travaillent aussi bien avec des acteurs formels qu’informels, c’est la solution Julaya. Elle permet de simplifier et digitaliser la gestion comptable, et d’avoir accès au paiement groupé pour payer aussi bien les prestataires que les salariés par n’importe quel réseau Mobile Money, bancaire et autres wallet comme Yup de Société Générale ou Wizall Money. Cette solution est totalement sécurisée grâce à une infrastructure Cloud et des outils de sécurité comme les codes temporaires de validation des transactions.

Avec les efforts du gouvernement ivoirien pour la création de la Stratégie nationale d’inclusion financière (SNIF) 2019-2024, l’inclusion financière du pays sera portée jusqu’à 60% d’ici 2024. Cette stratégie repose sur plusieurs axes, notamment l’amélioration de l’accès aux services financiers, la promotion de la finance digitale, l’éducation financière, la mise en place d’un cadre fiscal et politique favorable, mais surtout la protection des consommateurs.

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